Voici le sujet du diplôme national du brevet de juin 2009 donné en métropole.
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Voici une proposition de correction : I/ Le portrait de l’estrassier (6 points)
1. Lignes 1 à 11 :
a) Lignes 1 à 5 : Relevez au moins deux éléments qui caractérisent la vie d’Ali. (1 point)
-> Ali mène une vie de misère, c’est une sans domicile fixe puisqu’ il n’a "pas de domicile" propre (l.7) mais "dort dehors" (l.6), et d’autant plus qu’il n’a pas d’activité rémunérante "pas vraiment de métier"(l.7). Il est "usé par la vie", cette existance misérable qui dégrade aussi son corps.
b) Quelle activité exerce t-il ? Justifiez votre réponse en vous appuyant précisément sur le texte. (1 point).
— >Il convient mieux de qualifier d’activité que de "métier" l’occupation d’Ali, qui est "chiffonnier" (l.9), ou "estrassier"(L.8) comme l’on dit dans le sud. Avec une "poussette" (l 13), durant la "nuit" (l.16) il va de "poubelle en poubelle" (l.9) et ramasse tout ce qu’il trouve pour le revendre. Il vit de bricole, de récupération.
2. Lignes 2 – 3 : « C’était un homme non pas très âgé, mais usé par la vie, pour avoir dormi dehors et avoir bu trop de vin. »
a) Quel rapport logique exprime le groupe en italique ? (0,5 point)
-> le groupe "pour avoir dormi dehors et avoir bu trop de vin" exprime un rapport logique de cause.
b) Remplacez ce groupe par une proposition subordonnée exprimant le même rapport logique.(0,5 point)
->La phrase "C’était un homme non pas très âgé, mais usé par la vie, parce qu’il avait dormi dehors et bu trop de vin" exprime aussi ce lien logique de cause.
3. Lignes 23 – 24 : « Tout à coup il se souvint qu’il avait été soldat, autrefois, dans sa jeunesse, et qu’il était monté à l’assaut au milieu du bruit des balles. »
a) Quel est le champ lexical dominant dans cette phrase ? Justifiez votre réponse.(1 point)
> Trois mots renvoie au champ lexical de l’armée, de la guerre : "soldat", "assaut" et "balles"
b) Qu’apprend-on de nouveau sur la personnalité d’Ali ? (0,5 point)
> Cette phrase nous laisse entendre qu’Ali a été soldat dans le passé, et qu’il a donc un passé de de guerrier derrière lui. Il est donc capable de se défendre, de se battre pour son territoire. Sa prime méfiance vis à vis de sa "trouvaille" témoigne d’ailleurs de ce trait de caractère.
4. Ligne 38 : « avec d’infinies précautions »
a) Donnez la fonction grammaticale de cette expression. (0,5 point)
-> Le groupe "avec d’infinies précautions" est un complément circonstanciels de manière qui précise le sens du verbe "il sortit".
b) Indiquez quel trait de caractère d’Ali est ainsi mis en valeur. (0,5 point)
-> C’est ici le soin, la précaution, la délicatesse d’Ali qui est mise en valeur.
c) Relevez dans la suite du texte un indice qui conforte votre réponse.(0,5 point)
->La phrase "Il la tenait dans ses bras, sans oser approcher d’elle son visage à la barbe hirsute."(l.46) insiste sur cette idée de délicatesse. L’homme, en effet, ne veut pas blesser l’enfant avec sa barbe, il veille à ne pas lui faire mal en la tenant bien dans ses bras.
II/ La découverte (5 points)
1. Lignes 20 – 21 : « Qui avait mis ce carton là, sur son lit ? Peut-être qu’un autre gars de la chiffe avait décidé de s’installer ici, sous le pont ? »
a) De qui cette phrase retranscrit-elle les pensées ? (0,5 point)
-> Cette phrase retranscrit les pensées, les reflexions intérieures d’Ali.
b) De quel type de discours s’agit-il ? (0,5 point)
Il s’agit ici de discours indirect libre, qui reproduit les pensées intérieures d’un personnage qui n’est pas le narrateur, exprimées directement, mais sans verbe introducteur, sans guillemets, et à la 3ème personne.
c) Transposez ces paroles rapportées au discours direct. (1 point)
Ali se dit "Qui a mis ce carton là, sur mon lit ? Peut-être qu’un autre gars de la chiffe a décidé de s’installer ici, sous le pont ?"
Nota Bene : Il fallait opérer un changement sur le temps des verbes (le plus que parfait devient du passé composé), et sur les pronoms (son->mon)
2. Lignes 27 à 36 : À travers quels sens la découverte s’effectue-t-elle ? Justifiez votre réponse. (1 point)
-> C’est d’abord le toucher qui met Ali en alerte. Alors qu’il se souvient de son passé de soldat, Ali ressent les "battements de son coeur" (L.28) , et "la chaleur du sang dans ses joues." (L.29). Ensuite, "quand il entendit quelque chose" (l.30), c’est l’ouïe qui prend le relais, puisqu’il est alerté par "une voix d’enfant" (l.31, 33, 35), des "petits cris répétés" (l.36). Enfin, c’est la vue de l’enfant qui l’émouvra.
3.Donnez la classe grammaticale de « quelque chose » (ligne 27) (0,5 point)
"quelque chose" est un pronom indéfini
4. Lignes 28 – 29 : « Une voix qui appelait, dans le carton, une voix d’enfant, une voix de bébé nouveau-né. »
a) Relevez les expansions du mot « voix » et donnez leur classe grammaticale.(1 point)
-> Le mot "voix" est enrichi de plusieurs expansions du nom :
"qui appelait, dans le carton" : une proposition subordonnée relative
"une voix d’enfant" est une apposition où "d’enfant" est un complément du nom
"de bébé nouveau-né" : un complément du nom + un adjectif épithète lié.
b) Quelles précisions apportent-elles sur la découverte d’Ali ?(0,5 point)
Ces expansions du nom dévoilent progressivement aux lecteurs la nature de la découverte d’Ali : il s’agit d’un bébé. On peut d’ailleurs constater que les élément sont insérés dans l’ordre de la découverte : du moins précis au plus précis. Ali perçoit d’abord une voix, puis il comprend d’où elle vient (le "carton"), et qu’il s’agit d’un enfant, et non pas d’un chat comme il aurait voulu le croire d’abord. Enfin, il sait qu’il a affaire à un tout jeune nourisson.
III/ L’enfant sous le pont (4 points)
1. Lignes 38 à 40 :
« si petite qu’Ali devait serrer ses mains pour qu’elle ne glisse pas ».
« si légère qu’il avait l’impression de ne tenir qu’une poignée de feuilles »
a) Quel rapport logique est exprimé dans les deux propositions en italique ?(0,5 point)
"si... que" exprime un rapport logique de conséquence. L’enfant est petite, donc il doit serrer ses mains, et leger, ce qui a pour conséquence de lui laisser croire qu’il tient une poignée de feuilles.
b) Sur quelles caractéristiques du bébé insistent-elles ? (0,5 point)
Les propositions insistent sur la petite taille, la légereté et la fragilité du bébé, "sil léger" qu’il est comparé à une "poignée de feuille", et "si petit".
2. Ligne 43 : « Cette poupée vivante » : expliquez cette expression qui qualifie la petite fille. (0,5 point)
Cette expression est bâtie en apparence sur un oxymore : une poupée est un objet "inanimé", dont le contraire est le "vivant" ; pourtant elle insiste sur les deux caractéristiques principales du bébé : la fébrilité, la petitesse et la légéreté mais aussi la vie, la beauté.
3. Lignes 44 à 46 : Expliquez pourquoi le bébé est en danger. Appuyez vous sur le texte pour justifier votre réponse. (1 point)
L’enfant est ici en danger car il est dans un milieu qui lui est hostile : non pas au chaud dans son berceau douillet, mais "sous un pont" (L.44), soumis à tous les dangers dans le "froid" (l.47), dans "un carton vide" (l.48) que le vent "agite" et risque de retourner à tout moment, pouvant ainsi le blesser. De plus, il est "nu", ce qui fait qu’il a la chair de poule, sa peau est "rougi par le froid" (l.46), cela pourrait le tuer !
4. Que représente le bébé pour Ali ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur votre lecture du texte.
Le bébé met Ali face à l’opposé de sa vie, puisqu’il est face à un enfant, nouveau-né alors que lui est "usé par la vie", une petite chose douce et délicate, alors que lui-même est sale, barbu, qu’il a les mains noircies, le corps abîmé... Ali est ému par cela, cet enfant représente pour lui la beauté, la délicatesse, la légèreté (l.45) opposé à la gravité de sa propre vie. C’est un peu "l’incroyable" (l. 28), " l’impossible" (l. 28), " l’inattendu " (l. 29). Ce bébé pourrait l’aider à prendre un nouveau départ, en l’obligeant à sortir de sa vie de bohème, à trouver un toit, à se réinsérer dans une vie plus propice à voir un enfant s’épanouir. L’homme seul pourrait apprendre à composer avec quelqu’un d’autre. D’ailleurs, le titre de l’ouvrage de J-M. Le Clézio, "la fille de sous le pont", le suggère, puisqu’elle fait de l’enfant éponyme un personnage certainement important dans le roman.
REECRITURE
Réécrivez la phrase suivante : « Ce matin là, Ali était fatigué. Il pensait à la bonne lampée de vin qu’il allait boire avant de se coucher […] sous sa couverture militaire qui l’abritait du froid comme une tente. » Vous remplacerez Ali par Ali et Marcel en effectuant toutes les modifications nécessaires.
Ce matin-là, Ali et Marcel étaient fatigués. Il pensaient à la bonne lampée de vin qu’ils allaient boire avant de se coucher sur leurs lits de cartons, sous leurs couvertures militaires qui les abritaient du froid comme une tente.
DICTEE
Voici la dictée correctement écrite :
Dans les villages, on ne lui donnait guère : on le connaissait trop ; on était fatigué de lui depuis quarante ans qu’on le voyait promener de masure en masure son corps loqueteux et difforme sur ses deux pattes de bois. Il ne voulait point s’en aller cependant, parce qu’il ne connaissait pas autre chose sur la terre que ce coin de pays, ces trois ou quatre hameaux où il avait traîné sa vie misérable. Il avait mis des frontières à sa mendicité.
Maupassant.
Contes du jour et de la nuit. Folio


















